Mon intervention sur l’Europe de la Santé, et le renforcement de notre souveraineté sanitaire stratégique lors de l’Assemblée des Parlementaires Franco-Allemands en présence des deux Présidents de l’Assemblée Nationale et du Bundestag et des Ministres de l’intérieur des deux pays respectifs.

Robert Schuman avait déclaré le 9 mai 1950 que « l’Europe ne se fera pas d’un coup, (…) elle se fera par des réalisations concrètes créant une solidarité de fait. ».

Aujourd’hui, la pandémie liée à la Covid-19 met en lumière tout l’intérêt d’une Europe unie et solidaire dans les réponses concrètes à apporter.

Et le 18 mai dernier, Madame la Chancelière et Monsieur le Président de la République, ont réaffirmé leurs volontés communes en faveur d’une Europe de la Santé : c’est une priorité.

La pandémie a eu un effet loupe sur les fragilités de notre système de santé et sur la nécessité de renforcer notre souveraineté sanitaire stratégique pour aujourd’hui… et pour l’avenir.

Il est vital, le mot est fort, d’en tirer les leçons et de relever ces défis collectivement !

Les propositions de la Chancelière et du Président s’inscrivent dans cette Europe qui fait sens :

– en accélérant nos capacités de recherche, en les mutualisant, dans le domaine des vaccins et des traitements,

– en favorisant la mise en place de stocks stratégiques communs ( en masques, en médicaments , prenons l’exemple des curares) et le développement des capacités de production.

– il faut parler également d’une seule voix en assurant une bonne synergie des politiques européennes en matière de marchés publics communs,

– en assurant une meilleure interopérabilité des données sanitaires avec l’apport inestimable de l’intelligence artificielle ( c’est aussi réaffirmer notre souveraineté en ce domaine.).

– cela passe aussi par la mise en place d’une force d’intervention de l’UE au sein du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

Lors de la période de confinement, j’ai repris mon activité de médecin en secteur hospitalier dans mon département de l’Aisne : j’ai vécu au plus prés les drames liés à cette pandémie mais j’ai aussi été témoin de l’abnégation, du dévouement des soignants et des nombreuses solidarités qui ont émergé. Je n’ai guère le temps de toutes les expliciter mais ces solidarités, elles se sont aussi exprimées quand les services de réanimation allemands ont accueilli des patients français.

J’y vois l’image d’une Europe fidèle à ses valeurs, à une éthique : l’Europe de la Santé y répond.

Par digression, Il y va aussi de la vitalité, de la santé de nos institutions.

Je vous remercie.